Divagations Migratoires.
Alors que je suis assommé par la chaleur caniculaire qui règne dans la capitale depuis trois jours, que je ne respire pas tant les plus légers souffles d’air ne pénètrent pas la petite pièce du quinzième, au huitième étage sans ascenseur, que mon bunker de pièce compte quelques degrés de plus que l’extérieur déjà brûlant, que je ne dors plus tant je souffre de cette fournaise, que le chat écrivain ne respire pas plus que moi, que simplement écrire ces quelques mots me fait déjà perdre trois litres d’eau, je me prends à partir dans des divagations migratoires…
Finalement, qu’est-ce qui me retient à Paris, ou plutôt, qu’est-ce qui m’empêche de partir ? Après réflexions, pas grand chose.
Le travail ?… Humm… La vie professionnelle n’est pas non plus ce qu’on pourrait espérer. Certes, le musée Rodin donnera de ses nouvelles dans le courant de l’été pour une éventuelle rentrée en Septembre. Soit… Mais le travail peut tout aussi bien se trouver ailleurs, même si ce n’est sûrement pas plus évident, mais les opportunités peuvent bien se présenter, ou bien un coup de chance.
Mon appartement ?… Premier éclat de rire ! Ma fournaise de pièce ne me manquerait guère. Elle est un magnifique abris et fût salvatrice en son temps, mais de là à imaginer qu’elle me manque, sûrement pas ! La vue, peut-être…
Les amis ?… Vaste question et grand dilemme, mais je pars du principe que l’amitié n’a aucune frontière. Alors pas de panique les enfants, vous serez toujours mes amis et je vous aime, vous le savez, que je sois à Paris ou à Pékin.
L’amour ?… Là, j’ai très envie d’éclater de rire à nouveau, mais décidément, à Paris, c’est sûr et certain, ce n’est pas lui qui va me retenir !
Et donc, si je devais m’en aller, qu’est-ce qui pourrait me donner envie d’aller quelque part, plutôt qu’ailleurs ? Si l’on regarde de prêt, une fois les questions professionnelles mises de côté, puisque ce n’est pas un travail qui me rendra heureux quelque part, c’est surtout des notions de qualités de vie qui pourraient me séduire.
Une ville de province sympathique, agréable à vivre, pas forcément immense mais en tout cas pas trop éloignée d’une ville plus importante. Y trouver de quoi m’amuser un peu, m’occuper les jours de pluies et les soirées d’hiver. Un rythme de vie plus calme, un coût de la vie moins élevé.
Des amis intéressants, je peux m’en faire sur place, où retrouver ceux de qualité que j’y ai déjà, en sachant que je n’abandonne pas les Parisiens. Nous nous rendrons visite et nous serons tellement heureux de nous voir !…
Des yeux dans lesquels plonger le matin ?… Qui sait ?
Me voici donc, trempé après avoir couché mes divagations migratoires, et comme s’il ne faisait pas assez chaud comme ça, je bois une gorgée supplémentaire de café brûlant. L’été va être long, mais je le sens déjà passionnant à vivre. La rentrée apportera les réponses à mes questions… Toutes les portes sont ouvertes… Qui sait ?
Par Akhen, Lundi 3 Juillet 2006 à 12:09 GMT+2 dans Mouvement d'humeur (article, RSS)



