Le temple d'Akhen

"Jacquou le croquant".

"1815. Jacquou, jeune paysan du Périgord, vit heureux avec ses parents.
Par la faute d'un noble cruel et arrogant, le comte de Nansac, il devient orphelin et misérable.
Jurant de se venger, Jacquou va grandir et s'épanouir sous la protection du bon curé Bonal qui le recueille. Grâce à des amis sûrs et à Lina, une jeune fille patiente et lumineuse, il deviendra en quelques années un jeune homme déterminé et séduisant"

Il saura transformer son désir de vengeance en un combat contre l'injustice, et prouver qu'un simple croquant n'est pas dénué de grandeur."
Jacquou le croquant est l'adaptation du roman d'Eugène Leroy, parut en 1899 et déjà adapté pour la télévision à la fin des années 60. J'ai une affection toute particulière pour cette histoire, pour avoir lu et aimé le roman, d'une part, mais surtout pour avoir eu la chance de jouer le rôle de Jacquou enfant dans un son et lumière, l'été 1985, durant deux mois. Un souvenir indélébile, une expérience unique et les racines de mon goût pour le théâtre. J'attendais donc impatiemment cette adaptation au cinéma, d'autant qu'elle est réalisée par un véritable maître de l'image, Laurent Boutonnat, réalisateur des plus belles vidéos de l'histoire du clip, pour Mylène Farmer, dans les années 80 et 90, et du long métrage Giorgino, sorti en 1994, avec Mylène Farmer, mais qui fût un énorme échec commercial.

Lorsque je dis maître de l'image, je pèse à peine mes mots tant c'est dans celle-ci que le film puise une grande partie de sa force. Dès les premières seconde du film, on peut retrouver tout l'art de Laurent Boutonnat, sa façon de mettre en valeur des détails tels qu'un regard, son talent pour les mouvements de caméras tout en finesse, une qualité de la photographie impeccable, et des ralentis savamment dosés au rythme d'une musique impeccable.
Musique composée par le maître en personne, puisqu'il s'agit de sa seconde casquette professionnelle. Une nouvelle fois, Laurent Boutonnat réussi à composer un petit bijou musical, efficace et tout simplement savoureux, où l'on retrouve les cordes, le piano et les arrières-voix chères au compositeur. Du pur Boutonnat...
A tel point qu'un thème générique interprété par Mylène Farmer en personne n'est finalement pas une surprise, et le titre "Devant soi" est d'une efficacité phénoménale pour les oreilles. Vous l'entendez, vous ne l'oublierez plus. Un tube possible s'il venait à sortir en single.

L'histoire de Jacquou est plutôt bien adaptée mais...
Je regrette que le film s'arrête parfois sur des détails peu importants à l'histoire, qui ne servent hélas pas le film. Quelques longueur, peu gênantes pour moi, mais finalement de trop pour un grand public pas forcément initié au travail du réalisateur. Ces mêmes longueurs qui ont desservies son précédent film Giorgino, même si l'on sent bien qu'ici, Laurent Boutonnat a accepté quelques sacrifices et concédé quelques coupes, parfois malheureuses, hélas. En effet, dans l'histoire, Jacquou se venge plusieurs fois des Nansac, tout d'abord en empoisonnant les chiens de chasse du comte avant même la mort de son père au bagne, mais surtout, en mettant le feu à la forêt domaniale. Hors, ni l'une, ni l'autre de ces vengeances ne sont présentes à l'écran. Si l'absence de la première n'est pas génante, la coupe de la seconde est encombrante lorsque le petit Jacquou, se présentant devant le vieux curé Bonal lui annonce "c'est moi qui ai mis le feu à la forêt". Ah bon ? Quel incendie se demande alors le spectateur...
Détails, détails... Certes... mais certains événement arrivent un peu comme un cheveux sur la soupe quand même, et retrouver Jacquou chef de révolution d'un coup d'un seul, ça perturbe...
L'histoire se concentre d'ailleurs uniquement sur Jacquou et la révolte du village contre le comte, mettant totalement en retrait les contexte historique de l'histoire, seulement évoqué pour justifier quelques facilités de scénario, lors du procès de Jacquou par exemple. Je regrette un peu le côté "surhumain" de Jacquou, un peu... énorme... par moments.

Pour finir, l'affiche comporte une brochette de comédiens tous aussi excellents les uns que les autres, comme Gaspard Ulliel (un long dimanche de fiançailles, Embrassez qui vous voudrez...) dans le rôle d'un Jacquou adulte plutôt convaincant, même si en retrait par rapport au film dans son ensemble et Léo Legrand, au regard incroyable dans le rôle du petit Jacquou. Ce gamin, s'il n'a pas un jeu forcément excellent, est absolument parfait dans son rôle et arrive a faire passer tant de choses. On retrouve aussi la très belle Judith Davis pour une Lina tellement convaincante dans l'amour qu'elle porte à Jacquou qu'on se demande si elle n'est pas tombé amoureuse de gaspard Ulliel, le tout à fait charmant Malik Zidi (Les temps qui changent, Le grand Meaulnes...), Albert Dupontel (Bernie, Giorgino, Monique...), Tchéky Karyo (Blueberry, saving Grace...), Marie-Josée Croze (Munich, Ne le dis à personne...) ou Olivier Gourmet (Le huitième jour, Pars vite et reviens tard...).

Vous l'aurez compris, j'ai tout de même été conquis par ce film, mais d'avantage par son côté technique, son ambiance et son montage plutôt réussi que par les prestations des comédiens ou la réalisation en elle-même. Je vous conseille d'aller le voir, pour un spectacle garanti, une pépite pour les yeux...

Le site officiel

Vos commentaires

1 Le Lundi 22 Janvier 2007 à 15:06 GMT+2, par renaud

ben je crois qu'on est bien d'accord :)
on a la même vision du film ;)

2 Le Lundi 22 Janvier 2007 à 19:40 GMT+2, par Spice

J'attend dimanche pour me faire mon opinion.

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