Le temple d'Akhen

"L'heure d'été".

"C'est l'été. Dans la belle maison familiale Frédéric, Adrienne, Jérémie et leurs enfants fêtent les 75 ans de leur mère, Hélène Berthier, qui a consacré toute son existence à la postérité de l'oeuvre de l'oncle, le peintre Paul Berthier. La disparition soudaine d'Hélène, quelques mois plus tard, les obligera à se confronter avec les encombrants objets du passé. Cette famille, à l'apparence si heureuse, va-t-elle pouvoir rester unie ?"

Le sujet de départ de ce film était à priori plutot interessant, et le traitement de celui-ci, plutot une bonne idée. D'autant que la brochette de comédiens composant l'affiche de ce film était des plus intéressante : L'Oscarisée Juliette Binoche (Le patient Anglais, Le chocolat...), le blondinet Jérémie Rénier (Les amants criminels, Saint Cyr, Le pornographe...) et l'engagé Charles Berling (Nettoyage à sec, L'homme de sa vie...).
Pourtant, malgré l'affiche et le sujet, le film peine non seulement à convaincre, mais aussi à accrocher le public.Tout d'abord, le sujet de départ, à savoir la perte de la mêre laissant un patrimoine culturel important ne donne finalement que le coup d'envoie d'un film, après un prologue d'une longueur et d'un ennui terrifiants. Le sujet voulait que les enfants soient dans un dilemne quant au partage et la pérénité de ce patrimoine, mais aussi et surtout des souvenirs...
Mais il n'en est rien, tout se règle avec une facilité déconcertante malgré les désaccords survolés des enfants, pour au final partir dans des sous-histoires sans aucun interet ni lien avec le sujet du film.
Le spectateur s'y perd, s'ennui, déroche, ou même carrément s'endort tant le film est ennuyeux. Pour dire, même les comédiens donnent l'impression de s'ennuyer dans leur propre role, si bien qu'au bout de 45 minutes du films deux d'entre eux disparaissent carrément de l'histoire, à croire qu'ils ont déserté le plateau...

Finalement j'ai eu la sensation d'assister à un film raté où le réalisateur lui-même n'a pas su, ou n'a pas osé traiter son sujet plus en profondeur, de peur de heurter ou d'ennuyer le piblic sans doute. Son parti pris du survol jour hélas contre son film.

Je n'ai pas aimé du tout ce film qui m'a fait regretté d'avoir perdu ma soirée, alors que je me serais probablement plus amusé devant "Bienvenue chez le ch'tis" que je n'ai pourtant aucune envie de voir... 

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"Sweeney Todd".

« Après avoir croupi pendant quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme, lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Nellie lovett. Celle-ci l'informe que Lucy se donna la mort après avoir été violée par Turpin.
Lorsque son ?amboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l'égorger. L'astucieuse Mme Lovett vole à son secours : pour le débarrasser de l'encombrant cadavre, elle lui propose d'en faire de la chair à pâté, ce qui relancera du même coup ses propres affaires.
Sweeney découvre que Turpin a maintenant des visées sur Johanna, qu'il séquestre avec la complicité de son âme damnée, le Bailli Bamford. L'adolescente a attiré les regards d'un jeune marin, Anthony, celui-là même qui avait sauvé Sweeney lors de son évasion. Amoureux fou de la jeune innocente, Anthony se promet de l'épouser après l'avoir arrachée à Turpin.
Pendant ce temps, le quartier de Fleet Street s'est entiché des "tartes" très spéciales de Mme Lovett, et celle-ci se prend à rêver d'une nouvelle vie, respectable et bourgeoise, avec Sweeney pour époux et Toby, l'ancien assistant de Pirelli, comme fils adoptif. Mais Sweeney est bien décidé à mener à terme sa vengeance, quel qu'en soit le coût... »

Extrèmement fan du cinéma de Tim Burton depuis de très longues années, je n'allais pas rater la sortie d'un nouveau long métrage réalisé parce personnage à l'univers aussi poétique que barré. L'affiche semblait contenir tous les éléments propre à son travail, aussi bien dans les couleurs que dans l'apparence particulière des personnages représentés, et je m'attendais donc légitimement à retrouver toute la magie de Burton dans Sweeney Todd.
La distribution étant, comme à son habitude, soignée, avec les comédiens fétiches de son œuvre, comme Johnny Depp (Sleepy Hollow, Charlie et la chocolaterie, Les noces funèbres...) et Helena Bonham Carter (Charlie et la chocolaterie, Big Fish...), là aussi je m'attendais à du grand Burton, d'autant que le jeu des deux acteurs est habituellement excellent, habitués à se faire diriger par Tim Burton.

Pourtant, j'ai ressenti durant les deux heures du film un ennui absolument terrifiant. Plus terrifiant encore que ce Barbier tueur en série et cette marchande de tourtes complice. Si le sujet même de l'histoire aurait été interessant, il a en revanche été traité de manière superficielle, avec un scénario qui, hélas, ne donne pas l'impression de tenir la route bien longtemps, le tout desservi par un côté comédie musicale qui bien loin de renouer avec le punch de « L'étrange Noel de Monsieur jack » ou des « Noces funèbres », inspire d'avantage une petite sieste tant les musiques sont lancinantes et répétitives.
C'est d'autant plus dommage que la photographie du film est en revanche impeccable et que l'on retrouve malgré tout une partie de l'univers très particulier de Burton, malheureusement, on ne le perçoit qu'en filigrane tout au long du film, et dans la scène finale, qui d'ailleurs, même si elle est magnifique, laisse trop de choses en suspend pour rattraper le film.

C'est une réelle déception pour moi d'avoir vu ce film où même les acteurs, pourtant habitués à travailler sous la direction de Burton ne relèvent hélas pas le rythme du film, malgré leur grand talent. Du coup, pour moi, « Sweeney Todd » rejoint « Sleepy Hollow » dans la liste des rattages du réalisateur, qui pour le coup à mieux réussi certains films de commande que ces deux films.

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"Cloverfield"

"New York - Une quarantaine de ses amis et relations ont organisé chez Rob une fête en l'honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux, Hub, vidéaste d'un soir, chargé d'immortaliser l'événement. La "party" bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble. Les invités se précipitent dans la rue où une foule inquiète s'est rassemblée en quelques instants. Une ombre immense se profile dans le ciel, un grondement sourd se fait entendre... et la tête de la Statue de la Liberté s'effondre brutalement sur la chaussée. L'attaque du siècle vient de commencer. Au petit matin, Manhattan ne sera plus qu'un champ de ruines..."

Si vous aimez les petites bestioles sympathiques telle que le mythique Gozilla, ou encore les charmants Aliens, et peut-être même un peu les dinosaures,  ce film est fait pour vous.
Si vous aimez que ça saute dans tous les coins, que ça bombarde, que ça atomise, que toute trace de civilisation soit annihilée et voir des immeubles exploser, réduits en fumer et tomber comme des chateaux de cartes, ce film est définitivement fait pour vous.

Cloverfield est ce qu'on peut appeler sans aucune prétention un excellent film du genre "gentil monstre à bonne bouille qui débarque pour nous niquer la gueule" réalisé de main de maitre par Matt Reeves, passé avec succès des séries télé au cinéma avec ce film.
D'une part parce le sujet, bien que classique, est vraiment très bien traité et nous épargne les traditionnelles vues sous tous les angle du gentil puppy ainsi que des pleurnichardes interminables qui donnerait envie d'aider chaton à liquider l'héroine. D'autre part parce que le scénario est tout simplement excellent et que le choix de la caméra numérique façon "Blairwitch" pour accompagner les héros dans leurs joggings de santé dans un Manathan en pleine crise de l'immobilier est, bien que donnant un peu le mal de mer au départ, absolument judicieux pour permettre une immersion totale dans le film.
De plus, les effets spéciaux sont époustouflants, sans excès, et vraiment très bien réussis. Le seul petit hic est une léger problème de proportions de Médor, coup à coup plus haut que l'empire state bulding ou plus petit qu'un poisson combattant.

Si vous aimez les films à sensations fortes mais bien pesées, vous apprécierez sans aucun doute Cloverfield qui est tout simplement un véritable petit bijou du genre.

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"Hairspray".

"Malgré son physique passablement arrondi, la jeune Tracy n'a qu'une idée en tête : danser dans la célèbre émission de Corny Collins. Par chance, ce dernier assiste à une de ses performances au lycée et lui propose de venir rejoindre son équipe. Tracy devient instantanément une star, s'attirant du même coup la jalousie d'Amber, qui régnait jusqu'ici sur le show.
La chance de Tracy tourne lorsque, après avoir été témoin d'une injustice raciale, elle se retrouve poursuivie par la police pour avoir marché à la tête d'une manifestation pour l'intégration des Noirs. Désormais en cavale, ses chances d'affronter Amber au cours de la finale et de remporter le titre de " Miss Hairspray " semblent bien compromises..."

A l'origine, "hairspray" est un film du réalisateur John Waters, sorti en 1988, avec Sonny Bono et Divine. Après le succès du film, "hairspray" devint une comédie musicale à Broadway qui connu également un immense succès et fut récompensée de huit Tony Awards, équivalent de nos Molières. L'histoire de base est une hymne à la tolérance, sous toutes ses formes et nous transporte dans une sorte de tourbillon dansant plein de bonne humeur.

Adam Shankman ("Un mariage trop parfait", "baby-sittor"), réalisateur de cette troisième version, reprend à son compte les deux précédentes et les adaptes librement, pour en faire une oeuvre colorée et dynamique. Aux musiques d'origines retravaillées pour l'occasion, il en ajoute, avec la complicité de Marc Shaiman, de nouvelles, toutes pleines d'énergie. Il faut dire que toute la bande son du film est absolument irréprochable, et donne carrément envie au spectateur de battre la mesure, de se lever, de danser, et d'applaudir à la fin.

A la musique de qualité, c'est un casting exceptionnel qui apporte sa voix. On retrouve ainsi un John Travolta ("grease", "Pulp fiction"), reprennant ici le rôle tenu précédemment par Divine, grimé de façon exceptionnelle interprétant le rôle de la mêre de la jeune Tracy, joué par Nicole Blonsky dont c'est le premier rôle au cinéma. Elle avait d'ailleurs été refoulée au casting de la version sur scène, faisant ici un joli pied de nez aux directeurs de castings. Mais le casting est aussi riche d'une Michelle Pfeiffer ("Esprits rebelles", "Apparences") absolument délicieuse de grace et de méchanceté, d'un Christopher Walken ("The addiction", "Batman le défi") aussi loufoque que plein de tendresse, et pour finir de la "Big, blonde and beautiful" Queen latifah ("Chicago", "Spin city"). Se joignent aussi à eux James Mardsen ("X-men") incarnant le présentateur de la célèbre émission du même nom, ainsi que le jeune Zach Efron, plus connu jusqu'alors dans ses rôles à la télévision. Parmis les second rôles,  on remarquera très vite la pétillante Amanda Bynes et l'excellent danseur qu'est Elijah kelley. John Waters, créateur et réalisateur dela première version, se paye même le luxe de faire une très courte apparition dans le rôle de l'exhibitioniste.

Chacun ici incarne son rôle à la perfection, ce qui donne au plat "Hairspray" un gout de "revenez-y" vraiment très savoureux et subtil. L'ambiance du film apporte très vite le sourire au lèvres, donne envie de chanter et danser avec les comédiens, donne des envies de choucroute années 60 sur la tête et de froufrous dans les jupes, et permet surtout au spectateur de ressortir comblé de sa scéance.

"You can't stop the beat !"

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"Dark City".

"Se réveillant sans aucun souvenir dans une chambre d'hôtel impersonnelle, John Murdoch découvre bientôt qu'il est recherché pour une série de meurtres sadiques. Traqué par l'inspecteur Bumstead, il cherche à retrouver la mémoire et ainsi comprendre qui il est. Il s'enfonce dans un labyrinthe mystérieux où il croise des créatures douées de pouvoirs effrayants. Grâce au docteur Schreber, Murdoch réussit à se remémorer certains détails de son passé trouble."

L'ambiance de ce film n'est pas sans rappeler celle de "BladeRunner", sorti presque vingt ans plus tôt, à tel point qu'on peut se demander si ce film culte n'est pas une sorte de référence, tout comme le film de Jeunet et Caro, "la cité des enfants perdus", duquel on semble parfois retrouver certaines ambiances. Toutefois, ici, tout va beaucoup plus vite, il n'est pas de temps pour le sommeil pour le héros, contrairement aux autres habitants de cette ville plongée dans la nuit qui sombrent dans une sorte de comas dès les douze coups de minuits sonnés. Sommeil artificiel, certes, mais personne, jamais, ne se réveille en restant le même. les habitants passent ainsi, en l'espace de quelques heures, d'une vie à l'autre. Combien de vie chacun à eu ces derniers jours, personne, pas même les protagonistes, ne peut le dire. Alors que chacun se voit volé ses souvenirs, pour en retrouver d'autres, de mystérieux hommes en noir, à la peau pâle, déambulent dans les rues sombres à la poursuite des héros de l'histoire.

C'est donc à John Murdoch, interprété par Rufus Sewell (Hamlet, la légende de Zorro), qu'il revient non seulement de retrouver son identité volée, mais aussi de déméler l'intrique de ce thriller fantastique à l'ambiance sombre, mais néamoins envoutante. Pour se faire, il est aidé de la superbe Jennifer Connely (Il était une fois en Amérique, Requiem for a dream), qui joue le rôle de son épouse, et du troublant Kiefer Sutherland (24 heures, L'expérience interdite) qui interprète ici un médecin tellement ambigüe qu'on se demande quelle place ont la folie, la peur ou la conscience dans son personnage énigmatique. Bien entendu, les mystérieux hommes en noir ne comptent pas une seconde voir leur secret révélé, et le film se passe comme une sorte de chasse à l'homme entre des rues qui se forment, d'autres qui disparaissent, des immeubles sortis de nulle part, dans les méandres de la pensée humaine. 

L'imagerie, l'ambiance, la part de rêve de chacun, tout a sa place dans la réussite extraordinaire de ce film. Même la musique, magistrale, de Trevor Jones, déjà connu pour ses compositions dans des films comme "From Hell", "Loch ness" ou "Mississipi burning". On fini par être à la recherche de cette vérité improbable nous aussi, sans aucun temps mort, sans longueurs, jusqu'au dénouement final, dans la plus pure tradition des films fantastiques.

Ce film est à voir, à revoir sans doute, pour dénicher toujours un peu plus les petits détails, les quelques indices, laissés ça et là par le réalisateur pour paufiner son petit chef-d'oeuvre, et si vous ne l'avez pas encore vu, je vous invite très vivement à le faire... 

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"8 femmes".

"Dans les années 50, une grande demeure bourgeoise : on s'apprête à fêter Noël. Mais un drame se produit : le maître de maison est assassiné. Huit femmes proches de la victime sont présentes et l'une d'elles est forcément la coupable. Commence alors une longue journée d'enquête, faite de disputes, de trahisons et de révélations, où l'on apprend très vite que chacune a ses raisons et cache des secrets insoupçonnés. La vérité éclatera, cruelle et tragique, faisant tomber les masques et les faux-semblants."

A l'origine, "8 femmes" est une pièce de théatre écrite dans les années 60 par Robert Thomas. Cette pièce a reçu à l'époque de nombreux prix et a été jouée pendant plus de 10 ans. Son succès vient sans aucun doute de son histoire excellente qui regroupe absolument tous les meilleurs ingrédients du théatre de boulevard : amants dans les placards, mensonges, humour et portes qui claquent...

François Ozon, qui avait déjà réalisé le curieux "Sitcom" avant "8 femmes", puis par la suite "Sous le sable", "Swimming pool" ou encore "5x2", s'approprie ici cette histoire pour en faire un film des plus réussis puisqu'il réussi l'exploit de réunis 8 excellentes comédiennes, toutes reconnues. C'est donc sous les traits de Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Fanny Ardant, Virginie Ledoyen, Danièle Darrieux, Ludivine Sagnier et enfin Firmine Richard que prennent à nouveau vie les 8 femmes de Robert Thomas.
Chacune y tient son rôle à la perfection sans jamais trahir l'esprit même ni de la pièce, ni de l'histoire à peine remaniée d'Ozon. Chacune y est excellente, tour à tour femmes fatales, garces ou manipulatrices et se jouent de nous, pauvre spectateur, en nous perdant dans la danse de leurs mensonges pour notre plus grand bonheur.

François Ozon a lui aussi totalement respecté l'esprit de la pièce, jusque dans le texte qu'il a à peine retouché. Le film est d'ailleurs construit comme une pièce de théatre, totalement filmé dans un studio, presque dans un décor unique. On avait déjà vu ce genre de réalisations avec "L'avare" ou "Quadrille", mais la beauté des images étaient bien loin de rejoindre le travail de François Ozon. Ici, il a pensé, travaillé et recréé chaque personnage dans les moindres détails pour les rapprocher au maximum de leur rôle et de leur personnalité. Il a réalisé un coup de maitre bien loin de ses réalisations plus curieuses de ses débuts.

Un autre coup de maitre est d'avoir réussi à faire chanter chacune des comédiennes à des moments précis du film pour que la personnalité des personnage soit plus profondément ancrée en chacunes d'elles. Et l'on entend donc Catherine Deneuve chanter le "toi jamais" de Jane Manson, Isabelle Huppert chanter magnifiquement le "Message Personnel" de Françoise Hardy ou encore Emmanuelle Béart interpréter "Pile ou Face" de Corrine Charby. Ce mélange des styles et des voix est étonnant, mais délicieux.

Comme dans une pièce de boulevard, le dénouement est à la hauteur du texte et l'on finit bouche-bée au fond de son fauteuil. On ressort du film totalement ravi des performances des comédiennes et de l'ambiance générale du film, vraiment très très proche de la pièce d'origine, je ne le dirai jamais assez. Le DvD dans sa version prestige, en velours rouge, comprend d'ailleurs, outre une tonne de bonus excellents et la bande son du film, la pièce d'origine, ce qui permet de comparer la qualité des deux réalisations.

J'ajouterai juste mes coups de coeur pour une Fanny Ardant fatale et divine, ainsi que pour une Isabelle Huppert acariatre et hystérique.
A voir, et surtout à revoir, encore et encore... 

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"Monster".

"Depuis déjà longtemps, Aileen erre sans but et survit en se prostituant. Lorsqu'un soir, le moral au plus bas, elle rencontre dans un bar la jeune Selby, c'est le coup de foudre.
Pour protéger leur amour et leur permettre de subsister, Aileen continue de se vendre jusqu'à cette nuit où, agressée par un de ses clients, elle le tue. Ce premier crime marque le déclenchement d'un terrible engrenage..."

"Monster" est non seulement le portrait d'Aileen, magistralement interprétée par Charlize Theron (Celebrity, Intrusion, The yards...), oscarisée pour sa performance d'ailleurs et de Selby, jouée par Christina Ricci (La famille Adams, Las vegas parano, Sleepy Hollow...), mais c'est aussi celui d'une Amérique vraiment profonde enterrée dans son puritanisme, sa pauvreté, son rêve inaccessible et toutes les ficelles qui poussent ses brebis égarées à chuter toujours plus bas.

Aileen passe donc du rêve Américain typique, où, petite fille et adolescente, elle avait cette certitude qu'elle serait découverte par un riche producteur et serait aussi aimée que pouvait l'être les stars glamour d'hollywood, à la dure réalité d'une Amérique qui ne veut pas des imparfaits. Sa quête d'amour désespérée, car c'est finalement le sujet brut du film, la mène ainsi à se prostituer, à trouver se subsitut d'affection dans les bras d'hommes aussi infects que puants contre quelques billets faciles, symboles de cet acte d'amour illusoire. Et c'est encore cette même quête qui mène Selby et Aileen à cet amour si passionné qu'il pousse au plus inacceptable. D'un meurtre de légitime défense en réaction à un viol abjecte et cruel, la gâchette devient aussi facile qu'habituelle quand elle se trouve être le seul moyen d'entretenir l'amour de Selby pour Aileen, qui, ne sachant rien faire d'autre que vendre son corps, ne trouve pas d'autre moyen pour trouver de l'argent et donner ainsi une illusion de stabilité à celle qu'elle aime. On sent pourtant bien la souffrance d'Aileen à chaque coup de feu, on sent à quel point elle se consume de ne savoir trouver d'autre solution. Jusqu'au dénouement inévitable, l'arrestation, puis la condamnation d'Aileen...

Le pire, c'est que le spectateur n'arrive finalement plus à voir le côté meurtrier de l'héroïne tant on sent la recherche désespérée du bonheur qui semble ne passer que par la destruction. A tel point qu'Aileen cherche à trouver les pires défauts à ses victimes, comme pour justifier ses actes. Selby devient par contre presque assez vite une victime de son propre amour, ne pouvant subvenir à ses propres besoins, ne trouvant la libération que dans la chute d'Aileen. On finit presque par se dire que Selby est probablement la plus paumée des deux.

Ce film est magnifique, touchant, superbement réalisé par Patty Jenkins qui a d'ailleurs eu de très nombreux entretiens avec la véritable Aileen avant que celle-ci ne soit exécutée après douze ans passés dans le couloir de la mort. Toutefois, un goût amer reste dans la bouche. Pour ma part, je n'arrive pas à condamner Aileen, sans toutefois cautionner ses actes.

Étrange..

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"Vol 93".

"11 septembre 2001. 4 avions sont détournés par des terroristes dans le but d'être crashés à New York et à Washington. 3 atteindrons leur cible, pas le vol 93.
En temps réel, les 90 minutes qui se sont écoulées entre le moment où l'appareil a été détourné et celui où il s'est écrasé après que ses passagers, mis au courant par téléphone portable des attaques contre le World Trade Center à New York, eurent décidé de se sacrifier pour éviter que l'appareil atteigne Washington."

Évidemment, tout le monde sait dans quelle horreur humaine le monde est entré le 11 Septembre 2001. Bien entendu, tout le monde se souvient de ce qu'il faisait ce jour là, au moment où les événements se sont produits. Pour ma part, je sortais d'un entretien d'embauche...
J'ai toujours été un peu rétissent pour visionner les films traitant de ce sujet, jugeant que les événements étaient beaucoup trop proches pour pouvoir se permettre de mettre en marche une machine commerciale autour. Pourtant, nombre de courts-métrages, documentaires et autres longs métrages on déjà été réalisés sur le sujet, et malgré tout, je dois reconnaître que "Vol 93" me faisait envie. Je l'ai donc visionné hier soir, en DvD, bien installé dans mon lit avec le chat écrivain pour me servir de bouillotte.

Réalisé par Paul Greengrass (La mort dans la peau, Bloody Sunday) en 2006, "Vol 93" démarre tout doucement. Le film se veut être tourné en temps réel, pour permettre au spectateur une immersion totale dans la dernière heure et demi d'une Amérique en paix. Tout se met en place, lentement, depuis l'embarquement des passagers jusqu'à l'image finale, choc. Le film nous entraîne dans l'avion avec les passagers, l'équipage et les terroristes fanatiques. Ainsi, nous devenons les passagers supplémentaires, pris en otages également, et nous allons nous crasher avec eux ! La dernière image du film est d'ailleurs celle qu'ont probablement vus les passagers du vol 93.
Ainsi, tout est crescendo dans le film, et ce léger sentiment d'ennui qu'ont peut être tenté de ressentir au début s'envole vite, en même temps que l'avion lui-même, au fur et à mesure que les événements de cette journée terrible se déroulent. On ressent bien toute cette panique et cette confusion qu'on vécu aussi bien les militaires que les contrôleurs aériens, avant de comprendre toute l'horreur qui naissait ce jour là. Rien ne semble dissimulé au spectateur, jusqu'aux informations contradictoires qui circulent, au point que nous même, on fini par se demander où sont passés ces bon sang d'avions, combien sont-ils, et ce que ça peut bien vouloir dire...
Et pourtant, nous, on la connaît déjà l'issue...

Je ne suis pas déçu une seconde par ce film, qui risque d'ennuyer toutefois les amateurs de films catastrophe, catégorie dans laquelle "Vol 93" est classifié. Il risque d'ennuyer aussi les accrocs aux films d'aventure. Ici, c'est la vie d'une poignée de passagers qui ont tenté le tout pour le tout pour essayer de survivre à l'inévitable que l'on nous raconte.

C'est ainsi que l'on crée les héros, dans le rêve Américain.

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"Jacquou le croquant".

"1815. Jacquou, jeune paysan du Périgord, vit heureux avec ses parents.
Par la faute d'un noble cruel et arrogant, le comte de Nansac, il devient orphelin et misérable.
Jurant de se venger, Jacquou va grandir et s'épanouir sous la protection du bon curé Bonal qui le recueille. Grâce à des amis sûrs et à Lina, une jeune fille patiente et lumineuse, il deviendra en quelques années un jeune homme déterminé et séduisant"

Il saura transformer son désir de vengeance en un combat contre l'injustice, et prouver qu'un simple croquant n'est pas dénué de grandeur."
Jacquou le croquant est l'adaptation du roman d'Eugène Leroy, parut en 1899 et déjà adapté pour la télévision à la fin des années 60. J'ai une affection toute particulière pour cette histoire, pour avoir lu et aimé le roman, d'une part, mais surtout pour avoir eu la chance de jouer le rôle de Jacquou enfant dans un son et lumière, l'été 1985, durant deux mois. Un souvenir indélébile, une expérience unique et les racines de mon goût pour le théâtre. J'attendais donc impatiemment cette adaptation au cinéma, d'autant qu'elle est réalisée par un véritable maître de l'image, Laurent Boutonnat, réalisateur des plus belles vidéos de l'histoire du clip, pour Mylène Farmer, dans les années 80 et 90, et du long métrage Giorgino, sorti en 1994, avec Mylène Farmer, mais qui fût un énorme échec commercial.

Lorsque je dis maître de l'image, je pèse à peine mes mots tant c'est dans celle-ci que le film puise une grande partie de sa force. Dès les premières seconde du film, on peut retrouver tout l'art de Laurent Boutonnat, sa façon de mettre en valeur des détails tels qu'un regard, son talent pour les mouvements de caméras tout en finesse, une qualité de la photographie impeccable, et des ralentis savamment dosés au rythme d'une musique impeccable.
Musique composée par le maître en personne, puisqu'il s'agit de sa seconde casquette professionnelle. Une nouvelle fois, Laurent Boutonnat réussi à composer un petit bijou musical, efficace et tout simplement savoureux, où l'on retrouve les cordes, le piano et les arrières-voix chères au compositeur. Du pur Boutonnat...
A tel point qu'un thème générique interprété par Mylène Farmer en personne n'est finalement pas une surprise, et le titre "Devant soi" est d'une efficacité phénoménale pour les oreilles. Vous l'entendez, vous ne l'oublierez plus. Un tube possible s'il venait à sortir en single.

L'histoire de Jacquou est plutôt bien adaptée mais...
Je regrette que le film s'arrête parfois sur des détails peu importants à l'histoire, qui ne servent hélas pas le film. Quelques longueur, peu gênantes pour moi, mais finalement de trop pour un grand public pas forcément initié au travail du réalisateur. Ces mêmes longueurs qui ont desservies son précédent film Giorgino, même si l'on sent bien qu'ici, Laurent Boutonnat a accepté quelques sacrifices et concédé quelques coupes, parfois malheureuses, hélas. En effet, dans l'histoire, Jacquou se venge plusieurs fois des Nansac, tout d'abord en empoisonnant les chiens de chasse du comte avant même la mort de son père au bagne, mais surtout, en mettant le feu à la forêt domaniale. Hors, ni l'une, ni l'autre de ces vengeances ne sont présentes à l'écran. Si l'absence de la première n'est pas génante, la coupe de la seconde est encombrante lorsque le petit Jacquou, se présentant devant le vieux curé Bonal lui annonce "c'est moi qui ai mis le feu à la forêt". Ah bon ? Quel incendie se demande alors le spectateur...
Détails, détails... Certes... mais certains événement arrivent un peu comme un cheveux sur la soupe quand même, et retrouver Jacquou chef de révolution d'un coup d'un seul, ça perturbe...
L'histoire se concentre d'ailleurs uniquement sur Jacquou et la révolte du village contre le comte, mettant totalement en retrait les contexte historique de l'histoire, seulement évoqué pour justifier quelques facilités de scénario, lors du procès de Jacquou par exemple. Je regrette un peu le côté "surhumain" de Jacquou, un peu... énorme... par moments.

Pour finir, l'affiche comporte une brochette de comédiens tous aussi excellents les uns que les autres, comme Gaspard Ulliel (un long dimanche de fiançailles, Embrassez qui vous voudrez...) dans le rôle d'un Jacquou adulte plutôt convaincant, même si en retrait par rapport au film dans son ensemble et Léo Legrand, au regard incroyable dans le rôle du petit Jacquou. Ce gamin, s'il n'a pas un jeu forcément excellent, est absolument parfait dans son rôle et arrive a faire passer tant de choses. On retrouve aussi la très belle Judith Davis pour une Lina tellement convaincante dans l'amour qu'elle porte à Jacquou qu'on se demande si elle n'est pas tombé amoureuse de gaspard Ulliel, le tout à fait charmant Malik Zidi (Les temps qui changent, Le grand Meaulnes...), Albert Dupontel (Bernie, Giorgino, Monique...), Tchéky Karyo (Blueberry, saving Grace...), Marie-Josée Croze (Munich, Ne le dis à personne...) ou Olivier Gourmet (Le huitième jour, Pars vite et reviens tard...).

Vous l'aurez compris, j'ai tout de même été conquis par ce film, mais d'avantage par son côté technique, son ambiance et son montage plutôt réussi que par les prestations des comédiens ou la réalisation en elle-même. Je vous conseille d'aller le voir, pour un spectacle garanti, une pépite pour les yeux...

Le site officiel

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"Happy Feet".

"Un manchot de l'Antarctique n'arrivera jamais à rien s'il ne sait pas chanter, et le pauvre Mumble est sans conteste le pire chanteur du monde. Son talent à lui, c'est... les claquettes, qu'il pratique en virtuose, avec une ardeur confondante. Bien que sa maman, Norma Jean, trouve ce don "tout à fait charmant", son père, Memphis, juge que "ça ne fait vraiment pas pingouin". Tous deux savent aussi que leur rejeton ne trouvera l'âme soeur que le jour où il saura pousser son "chant d'amour". Le hasard fait bien les choses : Gloria, la seule et unique amie de notre héros, est la meilleure chanteuse de la région. Mumble et elle sont copains depuis toujours, bien que cette gracieuse créature ait encore du mal à accepter son étrange "anomalie". Banni de la tribu, Mumble se lie avec les Amigos de Terre Adélie, un groupe latino exubérant, mené par Ramon..."

Tel est le synopsys de "Happy Feet", la nouvelle production animée de la Warner, réalisé par George Miller (Les "Mad Max", "Babe un cochon dans la ville" ou encore "Les sorcières d'Eastwick"). Pour les voix du film, que ce soit en version originale ou en version Française, une pléïade de stars, comme cela devient désormais l'habitude dans ce genre de films d'animation, les célébrités servant de prétexte un éventuel succès du film. C'est ainsi qu'on retrouve, pour la version originale, Elijah Wood, Robin Williams ou Nicole Kidman et pour la version Française, Clovis Cornillac, Marion Cotillard ou encore Sophie Marceau. Le seul petit reproche que je peux faire entre le passage de la VO à la VF et le maintien des chansons originales en Anglais, mais la traduction aurait été bien pire, et le choix artistique ne permettait pas d'autre choix que celui-ci. Je deteste ce procédé au cinéma, mais je suis bien obligé de reconnaitre le nécessité de l'employer ici.

L'histoire, en elle-même ne relève pas de l'originalité majeure, mais elle a l'avantage d'être accessible à tous, surtout aux plus petits à qui est quand même destiné le film. Mais comme je suis un très très grand enfant, il me faut des choses super simples que je peux comprendre tout de suite, surtout quand je suis fatigué !
On y retrouve les bons petits gags habituels de ce genre de films d'animations, les personnages loufoques mais tellement attendrissants et tous les petits détails qui tuent, mais qui sont d'une efficacité terrible. Au final, je n'ai pas de mal à ranger "Happy Feet" au même niveau qu'un "Age de glace" premier du nom, le deuxième étant pour l'heure inégalable, et la qualité d'un "Schreck 2" impossible à surpasser.

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