Le temple d'Akhen

Deux films, sinon rien !

Après une journée sous un soleil bien agréable, un groupe d’étudiants Italiens particulièrement indisciplinés, mais vite matés et martyrisés, cent pas par-ci, cent pas par-là, une conversation passionnante sur le prochain concours de personnels de musée, un pot entre collègues dans les caves étranges de l’hôtel Biron, un sprint épuisant pour aller me changer et récupérer ma carte de cinéma à la maison, et me voici en salle.

Geisha

Deux films sinon rien ce soir, première partie, en allant voir tout d’abord "Mémoires d'une Geisha" de Rob Marshall, avec la magnifique Zhang Ziyi ("Tigres et Dragons", "Hero") et la non moins superbe Michelle Yeoh ("Tigres et Dragons", "Le talisman") ainsi qu’une longue liste d’excellents comédiens, dont une petite fille aussi jolie que talentueuse. Adapté d'un best-seller d'Arthur Golden et produit par Steven Spielberg, j'attendais ce film depuis quelques années puisque je crois que la première fois que j'en ai entendu parler remonte à 1998.
L'histoire en elle-même n'a rien de fondamentalement nouveau, et si l’on enlève le contexte même où celle-ci se déroule, ce serait même presque du déjà-vu. En effet, il s'agit de la vie de Chiyo, petite fille vendue à une maison de geisha, et qui, a force de larmes, de coups, de persévérence et de jalousies deviendra au final la première d'entre-elles. Ajoutons à cela un brin d’amour impossible... Super, exactement ce que j'avais envie de voir... Et bien entendu, pour compléter le tableau, une rivalité entre geishas des plus sensuelles. Vous n’avez jamais vu un combat de geishas ? C’est l’occasion !
Il faut être honnête, je ne pense pas que ce film sera inoubliable, et encore moins classé aux rangs des films cultes. Il n'en reste pas moins plutôt réussi et efficace, avec des images superbes, une musique soignée et malgré tout beaucoup de poésie dans son sujet. Certaines scènes arrivent même à transporter le spectateur bien au-delà de la salle, comme cette extraordinaire chorégraphie de Saruyi, nouveau nom de notre jolie geisha. Ce film arrive également, mais trop timidement à mon goût à nous introduire dans le cercle très privé des geishas, qui brise toutefois certaines mauvaises idées reçues.
C'est étrange mais ce film m'aurait presque donné envie de vaincre ma peur maladive de l'avion pour aller rendre visite aux superbes petites rues Japonaises

Brokeback Mountain

Deux films sinon rien ce soir, deuxième partie, puisque la soirée se continue avec «Brokeback Mountain», le film désormais culte de Ang Lee, avec mon futur époux le jai-pas-de-mots-pour-le-décrire-tellement-il-est-beau Jake Gyllenhaal (Donnie Darko, Le jour d’après) et son superbe partenaire Heath Ledger (Les frères Grimm). Cela fait des semaines que je vois tout le monde parler de ce film, que j’entends qu’il est magnifique, perturbant, troublant… Cela fait des semaines que je dis que j’y vais et que la fatigue et autres évènements de ma vie m’en empêche. Et bien le voici vu désormais.
L’histoire est effectivement superbe, tintée du malaise de ces années soixante où l’amour entre hommes est l’un des plus gros tabous possibles. Alors lorsqu’en 1963 Jack et Ennis, bons hétéros machos cow-boys, bref, des fantasmes sur pattes, gardiens de moutons saisonniers à Brokeback Moutain, tombent amoureux l’un de l’autre, c’est un peu le monde qui s’écroule pour eux. Les bonnes mœurs, l’éducation et leurs convictions profondes se chargeront alors de leur rendre leur histoire d’amour aussi forte qu’infernale. Car si j’en ai douté au début du film, il s’agit bel et bien d’amour entre eux. Un amour impossible, un amour d’une vie… Super, j’ai fais la totale ce soir… Un amour que leurs obligations sociales d’hétéros bien dans le rang va se charger d’égratigner, mais jamais n’arrivera à le détruire. Un amour dont quelques imprudences ici ou là briseront le secret. Secret qui, par amour aussi, ne sera jamais dévoilé. C’est d’ailleurs surtout au niveau des personnages secondaires que j’ai ressenti un certain malaise, ainsi la femme de Ennis qui entrevoit un baiser entre les deux hommes et qui parviendra malgré tout à laisser son mari vivre cet amour, ou encore les parents de Jack, chacun à leur manière, dévoilant à demi mot leur connaissance du secret. Cette entrevue entre les parents de Jack et Ennis est d’ailleurs magnifique.
Les relations des deux hommes sont tout aussi magnifiques et l’évolution de leur histoire, du manque, de la fuite est extraordinairement bien servie par des comédiens magnifiques. J’ai aimé ce film… Allez le voir… Allez le revoir…

Et c’est après avoir oublié ma carte orange dans un cinéma fermé que je suis rentré ravi de mes deux films et plein de belles images et d’histoire dans la tête. Je me dis que les amours impossibles, et les drames c’est bien, mais là, j’ai donné… Alors ce soir se sera une comédie avec «Essaye-moi »… Heu…

Il y a quelques autres films qui me tenteraient volontiers en ce moment : "Renaissance", "Fauteuil d'orchestre", "L'ivresse du pouvoir", "Wu Ji", "Le temps des porte-plumes", "Hostel"...

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Le kiki de tous les kikis...

King Kong

On a beau connaitre l'histoire par coeur, savoir qu'on échappera pas à la mythique scène de l'empire state bulding et que le célèbre gorille géant va y passer, on se laisse quand même avoir. En tout cas, je me suis sacrément laissé embarquer par Peter Jackson et son remake, franchement réussi de "King Kong". Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, et logiquement, ils ne sont pas nombreux, voici, en quelques lignes, le résumé...
New York, les années 30. Un réalisateur ultra doué qui n'a pas une tune, que nous appelerons Picsou, décide, un jour qui n'est pas fait comme un autre, que tout va mal, qu'il vient de se faire lacher par Luc Besson et ses millions, d'aller passer quelques vacances ludiques et enrichissantes, caméras et équipe technique sous le bras, dans un club de vacances hyper branchouille, parait-il... Dans sa valise, il embarque, comme tout le monde, une actrice blonde et charmante, Blonde-Naomie et une auteur à succès, Adrian-comment-t-es-beau-t-as-fais-du-sport. Bon, sur le bateau qui les emmène en vacances, les deux tombent éperdument amoureux, logique. Là, il se passe deux ou trois trucs sans intérêt, et ils arrivent au club-med. Franchement, l'équipe du village vacances, très mal entretenu d'ailleurs, est pas super sympa, ils ne leur ont même pas préparé un casse-croute et en plus, l'île à l'air super mal fréquentée. Pareil, il se passe deux, trois trucs sans importances et on arrive directement à la fiesta de bienvenue du club. Le problème, s'est que sur les brochures, il est indiqué nul part qu'un Kiki géant habite tout près du village. La fiesta tourne pas très bien, tout le monde picole un peu trop, on sait plus très bien qui est qui et qui fait quoi et Blonde-Naomie se fait enlever par Kiki. En même temps, vu comment elle est fringuée, pas étonnant.
Là, ça dégénère carrément, tout le monde s'engeule et Adrian-comment-t-es-beau-t-as-fais-du-sport décide d'aller chercher Blonde-Naomie dans la jungle. Kiki décide qu'elle est à lui et que sa nouvelle Barbie, il veut pas la préter et surement pas à Adrian-comment-t-es-beau-t-as-fais-du-sport. On sait pas trop pourquoi, mais les deux ne s'aiment pas trop. Une sombre histoire de jalousie mal placée apparemment... Dans la jungle, Kiki et Blonde-naomie jouent un peu à la poupée, au scrabble, à 1, 2, 3, soleil et deviennent super potes. C'est à ce moment là que Adrian-comment-t-es-beau-t-as-fais-du-sport décide d'étudier les insectes, pour s'instruire un peu, et que Hagrid, assis juste devant mon Zhom et moi au ciné, décide de refaire sa mise-en-pli tout en se tortillant en poussant de cris de pucelles... Etrange le tableau, vous pouvez me croire...
Là, il se passe un truc super grave qui va changer la vie de Picsou et le rend soudainement intelligent. ca court, ça crie ça court encore, Kiki et Blonde-Naomie font un peu de footing avec un gang de T-rex, ça court toujours, le soleil se couche comment c'est beau, Kiki et Blonde-Naomie tombent amoureux et ça continue de courir... Moi, à ce moment, j'étais crevé... Picsou a alors un éclair de génie et décide de ramener Kiki à New-York pour créer la nouvelle comédie musicale à la mode qui rapporte plein de pognon. Deux ou trois coup de fil à Luc Plamandon plus tard et le retour de Luc Besson, on se retrouve à New-York pour un show phénoménal dont Kiki est la vedette. Le problème, c'est que Kiki aime pas l'histoire et décide de se faire la malle avec Blonde-Naomie, qu'il avait perdu de vue et qui comme par hasard passait dans le quartier. Elle lui fait visister un peu New-York, en pleine nuit, vétue d'une toute petite robe blanche sous 30 centimètre de neige... Ca tient chaud la fourrure... Le clou de la visite, c'est bien sûr l'empire state bulding et là...
Et bien là, j'ai décidé de réécrire l'histoire... L'aviation n'a pas été inventée, alors forcément, pas d'avions. Kiki et Blonde-Naomie volent de gratte-ciel en gratte-ciel, vont rendre visite à Spiderman au passage et décident de partir en lune de miel sur l'île à Kiki. Ils se plaisent pas mal là bas et décident d'y rester. Adrian-comment-t-es-beau-t-as-fais-du-sport devient gay par deséspoir, parce que ça aurait été du gachis pour tous ces spectateurs mâles qui ont eu la chance de découvrir ses pectoraux tout neufs et devient acteur chez Falcon. Soyons fous, je suis le réalisateur, je fais ce que je veux !!! Picsou est ruiné parce que je le trouve pas sympa et se fait bouffer par un cafard géant dans les égouts. The end...
Quoiqu'il en soit, et pour finir sur du sérieux, Peter Jackson a très bien réussi son "King Kong", et malgré quelques énormités qu'on lui pardonne, il m'a bien eu... J'ai même lâché quelques grosses larmes à la fin... Oui, oui...

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Backstage

Backstage

Je n'ai pas envie ici de faire le moindre parallèle avec une célèbre star diva divinisée déifiée à la touffe rousse, même si on se dit que l'apparition au générique d'une certaine Caroline Bee n'est sûrmenent pas étrangère aux dits parallèles que j'éviterai soigneusement. J'ai plus envie d'évoquer un sentiment, un malaise...
Je n'appartiens pourtant à aucune horde, ne prend part à aucun rassemblement sous les saintes fenêtres, et pourtant, au lendemain de la découverte du film "Backstage", j'ai l'impression d'avoir sucé plus que ma part de sang dans ma relation fan-idole. Moi aussi j'ai attendu touffe blonde à la sortie de son hotel, hurlant, gesticulant, photographiant, et pourtant, ne violant jamais. Moi aussi j'ai attendu touffe rousse à la sortie d'un concert, hurlant, courrant, gesticulant, pestant... Dieu que c'est crevant ! Et pourtant, là non plus ne violant jamais. Gardant toujours à l'esprit cette distance qui fait de moi le fan dans un autre monde que celui de la diva. Pourtant, c'est étrange, j'ai tout de même l'impression d'en avoir trop fait. Emmanuelle Seigner m'a donné un apercu de ce que touffe rousse ou touffe blonde peuvent ressentir, une fois la porte de la limousine fermée. Un apercu de ce que doit être la pression des fans, jamais rassasiés. "Jusqu'où allez vous me pomper le sang, bande de malades ?"... On se demande, non ? Un apercu de ce que doit être la désilusion de découvrir un être comme les autres, bien loin d'une image sur papier glacé, d'une voix sur vynile...
J'aime cette distance qui me sépare de la réalité. je n'ai pas envie de briser le rêve, je n'ai pas envie de connaitre "L'autre côté", j'ai envie de croire que le rêve est vérité. J'assume...

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