Le temple d'Akhen

6 ans...

Christophe

6 ans...
Et oui, 6 ans...

6 ans c'est l'âge du chat écrivain. J'aurais pu dire "mon", mais c'est tellement "notre"...
6 ans c'est des coups de papattes dans la main ouverte , c'est des joggings dans les couloirs plus vite que l'éclair, c'est une boule de poils qui tombe du balcon et effraie son petit monde, c'est des calins en famille tout "signe de confiance ultime", c'est des miaous paniqués dans l'escalier, c'est des bouillottes au pied du lit...

6 ans, c'est l'âge d'un gamin qui doit encore grandir et qui a encore tant de choses à vivre, tant d'années à passer avant de de tirer sa révérence. 6 ans, c'est l'âge ou on devient un "grand", c'est l'âge où on ne pleure plus. 6 ans, c'est l'âge ou on apprend... C'est l'âge où on sait enfin dire "je t'aime"... C'est l'âge où on sait enfin dire "pardon"...
Puis c'est difficile la vie d'un petit garçon de 6 ans, c'est parfois compliqué. Mais un petit garçon de 6 ans retrouve toujours le sourire...

6 ans...
6 ans, en littérature, ce n'est que la préface d'une vie qui reste encore à écrire, chapitre par chapitre, mot par mot...
6 ans, c'est ma vie avec toi...

7 ans, 8 ans, 9 ans, 10 ans... 20 ans... 40 ans...

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Chaud et froid.

Un bon bain chaud suivi d'une bonne douche froide...
Ainsi pourrait se résumer ce début de journée qui va s'arrêter bien vite les fesses posées sur mon canapé jaune poussin, la cravatte encore à moitié défaite, le manteau jeté dans un coin de la pièce. Il n'y aura certainement plus que le petit café de ce soir avec mon meilleur ami qui me fera mettre le nez dehors maintenant.
Flashback...

Un bon bain chaud au musée Rodin, à 10 heures et demi ce matin, pour un entretien d'embauche aussi court qu'inattendu, mais dont le résultat dépasse toutes mes espérances. En effet, dans une semaine et demi, j'aurai le plaisir de visiter gratuitement, et en costume s'il vous plait, les nombreuses salles magnifiques du musée. Et ce quotidiennement de neuf heures à dix-sept heures. J'ai cru comprendre que je serai même payé pour...
Certes, ce privilège ne sera que provisoire, mais il me donne toutefois un peu de baume au coeur... qui en a besoin...

Parce que mon petit coeur, certes de pierre diront certains, souffre de quelques éclats douloureux. J'ai franchi une porte, il y a plusieurs semaines... Elle vient de m'être refermée au nez... Et quelqu'un d'autre est rentré avant...
C'est la douche froide...

J'étais parti pour écrire des lignes et des lignes. J'avais envie de régler des comptes avec des gens dont j'ai croisé la route quelques années. J'avais envie d'être assassin. Je ne ferai rien de cela...
J'emprunte les chemins d'une autre vie et vous laisse dans les votres que je ne partage pas. Que je n'ai jamais partagé. Nos routes se sont croisées mais ne se sont finalement jamais rejointes. Vous ne l'avez pas souhaité, tant pis pour vous... Nous n'avons plus rien à nous dire...
Il n'y a que toi que je n'efface pas... Tu as d'autres choses à vivre et je ne serai pas le poids du passé.
Il y a moi que je dois réécrire... J'aurai aussi d'autres choses à vivre, je serai mon propre poids...

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Sujet, verbe, complément...

L'humeur de pré-insomnie est étrange ce soir...
Je cherche mes mots, j'essaye d'écrire... Les phrases n'arrivent pas à se construire et sont totalement incohérentes. Elles se mettent dans un sens, puis dans un autre, se tournent et se retournent sans cesse sans jamais arriver à construire un paragraphe lisible et clair. Sujet, verbe, complément... Je tente de me rappeler les cours de mademoiselle Riotte, mais les phrases refusent obstinément de m'obéir...

La fatigue, sans doute... Ma dernière nuit, certes très courte, mais paisible et agréable, remonte à Dimanche, et je vais entamer ma troisième nuit sans sommeil avant d'affronter une nouvelle journée d'épuisement. Je sens doucement les effets secondaires monter en moi, ce qui ne m'aide pas à trouver la quiétude nécessaire pour garder les yeux fermés.
Je pense connaitre les petits farceurs qui viennent titiller Morphée et l'empêcher de me trouver. Ils sont malheureusement insaisissables et sourds et ne se laissent pas attraper aussi facilement tant ils sont vifs.
Dois-je subir leurs facéties encore jusqu'à réussir peut-être à les tenir aux creux de mes mains et retrouver le sommeil perdu, ou tenter de les fuir sans gage aucun de dormir à nouveau... ?

Sujet, verbe, complément...
Mademoiselle Riotte pourra être fière de moi, j'aurais finalement réussi à écrire quelques verbes, quelques phrases, quelques sentiments laissés au hasard des mots qui me venaient en tête, toujours dans le désordre. Mademoiselle Riotte pourra être fière des cours donnés les Dimanche dans sa maison en brique rouge, où le thé tenait compagnie à l'art de manipuler les mots.

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Oh ben ça, pour une surprise...

Alors que je m'étais résigné depuis presque un mois à ne plus en avoir de nouvelles, alors que je me suis suicidé une bonne cinquantaine de fois à l'idée de devoir me morfondre chez moi à chercher déséspérément un boulot, alors que toute vie m'avait abandonné, alors que... Oui, bon, ça va, on a compris...!
Alors, donc, que je n'attendais plus grand chose de leur part, après trois entretiens aussi longs qu'inutiles, mon ancienne responsable de la Fnac me rappelle, ce matin, comme un joli petit cheveux blond dans mon infect café noir trop froid, pour me proposer de venir travailler trois semaines pour eux. Oh ben ca, pour une surprise...
"Mais bien sûr !", m'exclamais-je !!!
Oh rien de bien passionnant dans cet extraordinaire contrat précaire qui plairait tant à mon premier ministre préféré... Non, non, ne me cherchez pas, je suis déjà sorti.
Après avoir joué les caissiers, je vais jouer les distributeur de coupons promotionnels. Passionnant me direz-vous. Mais oui, tout à fait vous répondrai-je. Il n'y a point de sots métiers ajoutera ma grand-mêre et un peu de sous qui rentrent, ça fais du bien conclura la reine mêre. Et j'ajouterai, sous cape, que ça soulage un tout petit peu la vie de savoir que je vais travailler trois semaines...

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Dans cette petite pièce...

Clé

Dans cette petite pièce du quinzième, au huitième étage sans ascenceur, j'ai mis des voilages aux fenêtres, sortes de protecteurs des yeux extérieurs indiscrets. Un petit coffre en bois fera du meilleur effet dessous. Je pourrai y poser un vase. Peut-être même y mettrai-je des fleurs, de temps à autres, pour égailler un peu la pièce. J'ajouterai peut-être aussi une plante, pour mettre dans l'angle, à côté du radiateur. C'est un espace vide difficile à meubler, devant une autre petite fenêtre. Elle s'y plaira, c'est sûr...
Aux murs, vides et nus, j'ai fixé des étagères. Sur ces étagères, j'y ai déposé ma vie. Ce que j'aime écouter, entendre, voir. J'y ai déposé les cadeaux que l'on m'a fait et des objets auxquels je tiens, pour le coeur. Des boites en velours, un rouleau en parchemin, un vase jaune, les écrits de Confusius, une grande enveloppe rouge... Sur une autre étagère, j'y ai posé une bougie. Sa lumière, mouvante, rempli la petite pièce d'une présence indicible.
Sur la table, contre le mur, que j'ai recouverte d'un tissu bleu, pour cacher la misère, j'ai déposé ma boite à images, ma boite à jeux, et ma boite à musique. Trois boites pour remplir une vie de sons et de mouvements. Trois boites pour écourter le temps.
Sur un autre mur, près du miroir où j'ai accroché les photos de mon chat écrivain et de son cousin le chien papillon, j'ai cloué une caligraphie, géante, magnifique. Peu importe la traduction de l'idéogramme sacré, j'y tiens, c'est tout...
J'ai aussi installé une lampe rouge, pour l'ambiance... Cela habille la petite pièce, le soir venu, d'une lueur apaisante et chaleureuse. J'ai aussi avec moi ma fenêtre sur le monde, qui ne me quitte pas, pour faire entrer des présences virtuelles, peut-être, mais amicales et rassurantes.
Ici ou là, il y a encore tant de choses auxquelles je tiens... Le premier nounours et le premier lapin, une tirellire meuh, une boite à chaussure qui habrite mon pyjama de bébé, une photo du pont de Bir-Hakeim, des pinces de laboratoire photo, les souvenirs de neuf soirées de Janvier, mon nom en idéogrammes...
Dans cette petite pièce du quinzième, au huitième étage sans ascenceur, j'y ai installé ma vie...

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C'est un petit garçon...

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C'est un petit garçon qui n'a jamais eu peur du noir, un petit garçon solitaire, mais que la solitude n'effraie pas... C'est un petit garçon qui a eu peur de mourir, dès qu'il a su l'exprimer, dès qu'il a pu aller se réfugier, la nuit, dans le lit de ses grands-parents pour pleurer sa hantise du néant, du vide... C'est un petit garçon qui s'est caché souvent sous le lit, quand il y avait de la lumière au bout du couloir et que Papa rentrait tard... C'est un petit garçon qui avaient envie que Papa reparte pour aller consoler Maman... C'est un petit garçon qui a eu peur de grandir, parce que la vie lui faisait peur, parce que c'est moche d'être grand... C'est un petit garçon qui était scandalisé de voir les forêts de son enfance disparaitre... "Mamie, on a démonté la forêt"... C'est un petit garçon qui avait peu d'amis, mais qui est prêt à leur donner sa vie... C'est un petit garçon dont les blessures ne sont pas comprises, dont les plaies ne se referment pas, de n'avoir su les dire... C'est un petit garçon qui regarde un jour une étoile en murmurant "Papy, je t'aime...", et qui ferme les yeux, pour laisser glisser une larme... C'est un petit garçon qui deteste le temps qui le rapproche de ses peurs les plus grandes... C'est un petit garçon qui aime tendrement le premier nounours, le premier lapin... C'est un petit garçon qui conserve tout, jalousement, de peur d'oublier... C'est un petit garçon qui a été trahis par l'absent... T'étais où ?... C'est un petit garçon qui a envie de vivre, qui a envie de rire... C'est un petit garçon qui dit toujours "Maman, je t'aime" parce qu'il a peur de ne pas lui dire assez, peur qu'elle ne le sache pas assez, peur de regretter un jour de ne pas l'avoir dit... C'est un petit garçon qui bouillonne... C'est un petit garçon qui grandit...

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Dame blanche, Dame grise.

BirHakeim

Je me suis résigné, avec tant de douleur et de doutes, à dire au revoir à la grande dame blanche de la butte. Je ne verrai plus vos dômes majestueux, n'entendrai plus vos mélodies dominicales et ne contemplerai plus vos mises en lumières magiques. Après tout, ceci n'est pas un adieu... Je suis malgré tout si près de vous, car mon coeur ne s'éloigne guère et continue à battre du côté de vos blanches pierres.
Je vais me réfugier, quelques poussières de temps, entre les immenses jambes de la grande dame grise, qui portera son regard flamboyant contre mes fenêtres et illuminera de ses millle lucioles mes nuits glaciales. Je vous regarderai, grande dame immortelle, tout en pensant et en imaginant la vie... Ce qu'elle était, ce qu'elle est, ce qu'elle sera...
C'est entre vous deux, désormais, que bat tout mon être, que se contruisent les temps nouveaux et que le sang de mes trop profondes insomnies retrouvées circule.

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Des mots silencieux...

J'aurais aimé trouver des mots magnifiques pour alléger tes tourments. J'aurais aimé trouver les mots, les bons, pour que l'on se comprenne dans des tourbillons de colère, pour que toutes les routes de nos vies soient plus évidentes, pour ne pas avoir eu besoin de fuir. J'aurais tant aimé trouver les mots qui auraient rendu mon départ moins douloureux, pour toi, pour moi... De mots, je n'en ai pas, ils se taisent pour le moment, ils ne viennent pas, ils se sont perdus dans des tempètes. J'aurais aimé avoir plus de mots pour nous donner le courage d'affronter les bouleversements inévitables.

Il est des mots qui restent pourtant intacts, dont le sens n'a jamais changé dans toute la dévastation qui nous entoure. Ces mots, silencieux, n'ont jamais perdu leur raison d'être. Ces mots, silencieux, dont seul un être d'exception pouvait entendre le son, continuent à sussurer leur mélodie magique. Ces mots ne se taisent jamais... Peut-être suffit-il de tendre l'oreille un peu pour les entendre à nouveau ?...

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Avant que...

un ange @Giorgino

"Avant que l'ombre, je sais..."
Sur une route, moins verte que la nôtre, par centaine je sème... Par centaine, de petits cailloux, blancs, me mène d'où je viens, d'où je vis, d'où la vie... Chaque petit caillou, blanc, humide, est accompagné d'une larme. Par centaine, des larmes viennent sècher celles qui ont été versées, avant, sur cette autre route, moins verte, où mes petits cailloux blancs me ramènent là d'où je viens, là où je vis, là où tu es...
"Avant que l'ombre, je sais... Ne s'abatte à mes pieds, pour voir l'autre côté... Je sais que j'aime..."

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Il y a quelqu'un ?

Pharaon à Moscou

Il était une fois, once upon a time...
Mon zhom est parti hier soir passer quelques jours, tout d'abord à Chambery pour bosser, puis en famille pour la fête de la bière et de la choucroute au cassoulet, et voici que je me sens, comment dire... Un petit peu tristounet... Ben oui, je m'ennuie, je tourne en rond, il me manque... C'est pas difficile, j'ai l'impression d'être mon chat quand il a envie de m'emmerder. Sauf qu'en ce moment, lui, il dort, et que si moi je pouvais miauler en grattant dans la litière, et bien ça m'occuperais bien quelques minutes.
J'ai toujours la solution d'aller me coucher, mais le problème est que pour moi, à cette heure-ci, c'est comme s'il était 20 heures pour d'autres. Impossible donc de trouver le sommeil, et je me verrais plus faire un tennis que compter les moutons. Je crois que je vais brancher ma PS2 et zigouiller une bonne centaine de super-vilains tout en escaladant des citadelles de Perse en ruine. Ouais, j'suis trop fort !...
Allez, la soirée va se finir doucement, et puis je vais continuer à penser à mon Giorgi, la mélancolie va bien finir par me bercer un peu l'esprit et les pensées finiront de toute façon par s'envoler voir ailleurs si j'y suis. Et puis dix jours, c'est pas si long...

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