Lundi 30 Janvier 2006
Après la grand messe.
Par Akhen, Lundi 30 Janvier 2006 à 21:20 GMT+2 dans Musique
C'est dans un temple gigantesque aux proportions Pharaoniques, orné de centaines de lumières de toutes couleurs que s'est tenu la grand messe. Par millier, et venant de chaque coin du pays, parfois même d'autres pays, les fidèles se sont donnés rendez-vous, n'hésitant pas à braver les délicieux caprices du ciel. Il fallait être là, quel qu'en soit le prix, quelles qu'en soient les conditions, parfois extrèmes, pour ne pas rater cet évènement qui n'a eu lieu que quatre fois dans la vie des adeptes du culte.
Alors que les ténèbres s'abattent sur une foule compacte à la patience religieuse, les sons se font de plus en plus fort, de plus en plus sourds et le saint temple vibre de toute part, baigné dans une lumière rouge. La voix de la grande déesse, aiguisée par le temps et l'espace retenti soudain, envahissant la totalité de la gigantesque nef d'un frisson de transe immense. Les voix hurlent, crient, sifflent et scandent dans un ivresse intense le même nom. La grande prétresse du culte est là, suspendue dans le ciel, dans son sarcophage de verre venu de nul part et s'approche doucement de la plateforme surélevée prévue au receuillement de sa dépouille divine. A peine son cerceuil a-t-il touché le saint sol que six prêtres du culte, crânes rasés, s'emparent du corps sans vie de la divine et l'exhibe en traversant le temple, baigné des larmes des pélerins. La grande porte du choeur, immense, s'ouvre alors, laissant apparaitre aux yeux du peuple en délire l'interdite tombe de la grande prétresse. Les six prètres posent alors le sarcophage avant de se retirer. La magie opère, comme à chaque grand messe...
Le cerceuil de verre se dresse alors, seul, pour laisser aparaitre le corps divin, recouvert d'or. Comme par enchantement, ravivée des cris du culte, la grande prétresse s'anime alors, ouvre ses grands yeux et se masque de son plus beau sourire. La foule n'en peut plus, pleure et chavire dans l'amour le plus absolu. Elle est là, vivante, belle, le temps l'ayant épargnée... La déesse en personne est revenue sur terre pour offrir son divin corps à des milliers d'yeux en extase.
Deux heures et demi durant, la grand messe se passe. Prières après prières...
La foule chante, pleure, chante encore, crie et continue de scander en coeur le seul nom divin qu'il est autoriser à prononcer. Les yeux se remplissent de couleurs, de larmes à nouveau, de mille feux encore. Les oreilles se chargent de sons, de mélodies magiques et des cris des adeptes. La transe monte, certains ne supportent plus toute la force du lieu et de la messe et tombent dans un comas vite passé grâce aux prêtres du culte. La tension ne cesse de monter et la déesse offre tout son être à ses adeptes, vole, chante, prie, pleure elle aussi, danse. La main divine autorise alors l'un des voyageurs à la toucher et à la rejoindre sur la grande croix centrale , lieu de sa démesure, dont le sol s'enflamme littéralement. La foule n'en peut plus et continue de hurler, de crier et de scander le nom divin.
Mais la grand messe touche a sa fin et la grande prétresse, pénétrée de l'esprit de la déesse en personne doit regagner les volutes du ciel. Elle apparait donc une dernière fois aux yeux baignés, de rouge vétue, couleur divine pour cette quatrième grand messe. Derrière un rideau de larmes, elle chante à nouveau, tandis que son image apparait dans l'eau salée. Un immense escalier, la menant au ciel, l'attend. Et c'est nue, découverte et libérée de chacun des artifices de la vie terrestre, que la divine femme rejoins les Dieux, alors que la grande porte de la crypte se referme dans un bruit assourdissant.
Les adeptes, transcendés de tant de joie, regagnent alors leurs contrées, images en tête, souvenirs indélébiles inscrits sur le grand parchemin de leur histoire.
Inoubliable en effet... Merci...



